Réseau AV et informatique

La vidéo sur IP

La vidéo sur IP transporte les images sur le même type de réseau Ethernet que tout le reste, et l'ensemble du sujet repose sur un seul compromis : la compression contre la bande passante. La vidéo non compressée conserve une qualité intégrale avec une latence minimale, mais elle est énorme — un seul flux 1080p non compressé atteint environ 3 gigabits par seconde. C'est pourquoi la vidéo IP non compressée professionnelle, normalisée sous SMPTE ST 2110, exige une infrastructure à 10 gigabits et au-delà ainsi qu'une ingénierie soignée. La compression réduit cela de façon spectaculaire : les schémas visuellement sans perte comme JPEG-XS et NDI maintiennent une faible latence tout en n'utilisant qu'une fraction de la bande passante, et des codecs comme H.264 et H.265 la compriment encore davantage, au prix d'une latence accrue.

La discipline que cela impose consiste à faire correspondre honnêtement la bande passante au support. Une poignée de flux NDI tient confortablement sur du gigabit, mais le même nombre de flux non compressés n'y tiendra pas — et surcharger le lien provoque la perte de paquets, ce qui, en termes vidéo, se traduit par des déchirures, des gels d'image et des artefacts en blocs plutôt que par un fondu progressif.

La planification vient donc en premier, avant le matériel. On compte les flux, on multiplie par leur débit réel, on ajoute un peu de réserve dynamique (headroom), puis on choisit la classe de réseau — 1G, 10G, 25G — adaptée au total. C'est la bande passante disponible qui définit ce qui est réellement possible, et non l'étiquette apposée sur l'équipement.

La règle

La bande passante définit ce qui est possible — pas le matériel.