Réseau AV et informatique

Le matériel réseau

Il est utile de bien distinguer deux boîtiers dès le départ : les switches relient les appareils au sein d'un même réseau, tandis que les routeurs relient différents réseaux entre eux. Pour le travail AV, c'est le switch qui fait ou défait la fiabilité, et la distinction clé oppose le managé et le non managé. Un switch non managé se contente de faire circuler le trafic, sans aucun contrôle sur la façon dont il le fait. Un switch managé permet de configurer des VLAN pour séparer le trafic, de la QoS pour donner la priorité à l'audio et au contrôle sensibles au temps, et — plus important que tout — l'IGMP snooping.

L'IGMP snooping mérite d'être mis en avant, car c'est la fonction dont la plupart des réseaux AV ne peuvent réellement pas se passer. Des protocoles comme Dante, AES67 et sACN utilisent fréquemment le multicast, où une source diffuse vers de nombreux récepteurs à la fois. Sans IGMP snooping, le switch n'a aucun moyen de savoir quels ports veulent réellement ce flux, il l'inonde donc sur chaque port, noyant des appareils sans rapport sous un trafic destiné à d'autres. Avec lui, le switch n'envoie chaque flux multicast qu'aux ports qui l'ont demandé. Un mur de LED ou un réseau audio qui « déconne » de façon apparemment aléatoire sur un switch non managé se stabilise très souvent dès qu'on le déplace sur un switch managé correctement configuré.

Quelques repères pratiques en découlent. Utiliser du gigabit comme plancher pour tout réseau média, et choisir du matériel dont on peut réellement prévoir et maîtriser le comportement. C'est toute la raison pour laquelle l'AV professionnel repose sur des switches managés plutôt que sur le premier boîtier non managé qui traînait dans la caisse.

La règle

L'AV professionnel ne tourne que sur des switches managés.