Deux valeurs régissent la bonne entente entre un amplificateur et un haut-parleur. La première est l'impédance, la charge électrique du haut-parleur, généralement 8 ohms et parfois 4 ou 16. Celle-ci a l'habitude de piéger les gens : câbler deux enceintes de 8 ohms en parallèle fait tomber la charge combinée à 4 ohms, ce qui double à peu près le courant que l'amplificateur doit fournir ; l'amplificateur doit donc réellement être prévu pour piloter cette charge. La seconde valeur est la sensibilité, donnée comme le SPL qu'une enceinte produit à partir d'un watt mesuré à un mètre. Comme chaque +3 dB correspond à un doublement de puissance, une enceinte de 96 dB n'a besoin que de la moitié de la puissance d'une enceinte de 93 dB pour atteindre le même niveau — la sensibilité détermine ainsi discrètement la quantité d'amplification réellement nécessaire.
La réserve dynamique (headroom) est l'aspect que l'on comprend souvent à l'envers. Un amplificateur généreusement dimensionné et propre — environ le double de la puissance continue du haut-parleur — protège le haut-parleur, car il peut encaisser les crêtes sans écrêtage. Un amplificateur sous-dimensionné poussé jusqu'à l'écrêtage est le véritable danger : l'écrêtage envoie dans l'enceinte une énergie distordue et riche en composante continue, et c'est ce qui grille rapidement les tweeters. Le signal fort et propre est rarement responsable ; c'est le signal saturé et écrêté qui l'est.
La règle
Une mauvaise amplification détruit les haut-parleurs plus vite que les signaux forts.