Le délai produit des échos distincts et répétés, que l'on cale sur la musique au moyen d'un petit calcul. Une noire en millisecondes vaut simplement 60 000 divisé par le tempo, ainsi un morceau à 120 BPM donne une noire de 500 ms et une croche de 250 ms. En verrouillant les répétitions sur ces valeurs, elles s'inscrivent dans le groove au lieu de le contrarier. Les effets de modulation comme le chorus et le flanger prennent une copie du signal et la désaccordent ou la retardent légèrement pour ajouter de la largeur et du mouvement.
Ce qui fait fonctionner tout cela, c'est le contraste — sec contre traité, proche contre lointain. Une voix paraît présente et intime lorsqu'elle est majoritairement sèche avec juste une touche de réverbération à plaque ; une guitare recule au fond de la scène lorsqu'elle est noyée dans un long hall. À force d'empiler des effets sur tout à la fois, ce contraste s'effondre, emportant avec lui l'intelligibilité. Le piège habituel, c'est que les effets semblent grisants lorsqu'on les écoute en solo, puis enterrent discrètement les mots dans le mixage complet ; c'est pourquoi, dès l'instant où l'on peut clairement distinguer l'effet comme un élément à part entière, il est déjà trop fort.
La règle
Si l'on remarque l'effet, c'est qu'il est déjà trop fort.