Pour cela, il faut savoir où se situe réellement le niveau « sain ». Le matériel analogique est conçu autour d'un niveau de fonctionnement nominal. Le matériel professionnel travaille à +4 dBu, soit environ 1,23 volt ; le matériel grand public travaille à -10 dBV, soit environ 0,32 volt. C'est cette différence d'environ 12 dB qui explique pourquoi brancher une sortie grand public sur une entrée professionnelle sonne faible et bruyant : on lui envoie bien moins que ce qu'elle attend. Les systèmes numériques mesurent tout par rapport au 0 dBFS, le point d'écrêtage absolu du convertisseur, et pour laisser de la place aux crêtes, les mondes de la diffusion et du spectacle vivant alignent délibérément le niveau nominal bien en dessous : autour de -18 dBFS selon la norme EBU R68, ou -20 dBFS selon SMPTE RP155. Cet écart entre le niveau normal et le zéro constitue la réserve dynamique (headroom), et c'est elle qui sauve la mise quand un batteur frappe soudain plus fort.
Les deux modes de défaillance se situent aux extrémités opposées. Trop peu de gain et l'on remonte le bruit de fond avec le signal, si bien que tout souffle. Trop de gain et l'on écrête — et une crête numérique écrêtée est perdue à jamais, sans qu'aucun fader nulle part ne puisse la récupérer. L'objectif pratique consiste à régler le trim pour que le matériau de programme normal se situe autour de -18 dBFS, avec des crêtes confortablement en deçà du zéro, puis à laisser chaque étage suivant transmettre à peu près à l'unité, afin que le niveau soigneusement réglé survive au parcours.
La règle
Règle le gain une fois à la source — ne cours pas après en aval.