Sécurité électrique
01 — Définition
L'électricité sur un spectacle présente trois risques à la fois : l'électrisation des personnes, l'incendie par échauffement et la détérioration du matériel. Les protections sont superposées, chacune couvrant une défaillance différente. La protection contre les surintensités, assurée par les disjoncteurs et les fusibles, est dimensionnée pour protéger le câble : elle coupe le circuit avant que le conducteur ne surchauffe, principe que l'IEC 60364-4-43 exprime par Ib ≤ In ≤ Iz. Un déclenchement intempestif ne se règle donc jamais en posant un disjoncteur de calibre supérieur, ce qui supprimerait la protection dont le câble dépend. La mise à la terre offre au courant de défaut un chemin de retour vers la source. En schéma TN, courant au Royaume-Uni et sur de nombreux réseaux industriels, le courant de défaut est assez élevé pour faire déclencher le disjoncteur ; en schéma TT, standard de la distribution publique basse tension en France, c'est le dispositif différentiel qui coupe l'alimentation. La protection différentielle détecte le courant qui fuit vers la terre et coupe l'alimentation en quelques dizaines de millisecondes pour les courants de choc usuels. Ses seuils varient selon les pays. La pratique IEC, où l'appareil est appelé RCD (DDR ou « différentiel » en France), utilise des dispositifs de 30 mA au plus selon l'IEC 61008 et l'IEC 61009, tandis que le GFCI nord-américain (UL 943, classe A) déclenche vers 4 à 6 mA. Cette protection est indispensable près de l'eau, en extérieur et partout où des artistes sont en contact direct avec le matériel. Les installations temporaires de spectacle relèvent de l'IEC 60364-7-711 (partie 7-711 de la NF C 15-100 en France, BS 7909 au Royaume-Uni) et, aux États-Unis, des articles 520, 525 et 590 du NEC.

02 — Le guide
La gestion de la charge commence par un calcul. La charge raccordée reste nettement inférieure au calibre du circuit, avec une marge pour le courant d'appel à la mise sous tension et pour le projecteur supplémentaire souvent ajouté plus tard. En Amérique du Nord, le NEC limite une charge continue, c'est-à-dire maintenue 3 heures ou plus, à 80 % du calibre du circuit. L'IEC 60364, la NF C 15-100 et la BS 7671 ne fixent pas un tel pourcentage et dimensionnent les circuits avec des facteurs de correction de température et de groupement, mais garder une marge comparable est une pratique courante partout.
Les connexions doivent être solides et dimensionnées pour le courant qu'elles transportent. Une connexion desserrée ou sous-dimensionnée est l'une des causes les plus fréquentes d'échauffement et de panne sur une installation, et ni le disjoncteur ni le différentiel ne la détectent. Au moindre doute sur une question d'alimentation, le travail s'arrête jusqu'à vérification, car un défaut électrique cause des dommages immédiatement et sans prévenir.
03 — La règle
Au moindre doute sur l'alimentation, le travail s'arrête jusqu'à vérification.
04 — Termes du glossaire
06 — Sources
- IEC 60364-4-43 (HD 60364-4-43) — la protection contre les surintensités protège le conducteur : Ib ≤ In ≤ Iz, I2 ≤ 1,45 Iz — webstore.ansi.org
- IEC 60364-4-41 / BS 7671 reg. 411.3.3 — DDR ≤ 30 mA sur les prises ≤ 32 A — electrical.theiet.org
- Schneider Electric, Guide de l'installation électrique — schéma TT et protection différentielle 30 mA (NF C 15-100) — fr.electrical-installation.org
- IEC 61008 / 61009 — temps de coupure DDR ≤ 300 ms à IΔn, ≤ 40 ms à 5 IΔn — electrical.theiet.org
- IEC 60364-7-711:2018 (NF C 15-100 partie 7-711 ; BS 7909 au Royaume-Uni) — installations temporaires d'expositions et de spectacles — webstore.iec.ch
- NFPA 70 (NEC) 210.20(A) et Art. 100 — charge continue ≥ 3 h, 125 %, soit 80 % (règle nord-américaine) ; GFCI : NEC 590.6, OSHA 29 CFR 1926.404(b)(1) — osha.gov