Lumière scénique et accroche

La distribution électrique

Un rig lumière tire un courant considérable ; il est donc alimenté en triphasé, ce qui répartit la demande sur trois lignes distinctes au lieu d'en surcharger une seule. En Europe, cela signifie généralement 400 volts mesurés entre phases et 230 volts entre une phase quelconque et le neutre ; en Amérique du Nord, on a couramment 208 volts et 120 volts. Le conducteur neutre ne véhicule que le déséquilibre entre les trois phases, et ce seul fait explique à lui seul l'importance de l'équilibrage des charges. En répartissant les projecteurs à peu près équitablement sur L1, L2 et L3, le neutre reste froid et les disjoncteurs tiennent. En empilant tout sur une seule phase, on fait déclencher ce disjoncteur pendant que les deux tiers de la capacité disponible restent inutilisés.

Le câble qui achemine le courant total depuis la source jusqu'à la distribution est le câble d'alimentation (feeder) ; il doit être dimensionné pour la charge, avec des connexions sûres et correctement serties. Une connexion sous fort courant mal serrée chauffe, et une connexion chaude constitue un risque d'incendie bien réel et non théorique.

C'est l'ordre des opérations qui garantit la sécurité : déterminer d'abord la charge, la répartir sur les phases, vérifier que le câble et les disjoncteurs sont dimensionnés en conséquence, et seulement ensuite mettre sous tension. Avec des moteurs triphasés et certains équipements de distribution, l'ordre des phases (rotation de phase) compte également, car il détermine le sens de rotation des moteurs. Se tromper dans la distribution ne se limite pas à des déclenchements intempestifs de disjoncteur : c'est de la surchauffe et un danger réel, et c'est pourquoi le calcul précède la connexion.

La règle

Équilibrer la charge sur les phases avant toute mise sous tension.