Systèmes vidéo et projection

Le streaming en direct

Le streaming prend un signal vidéo, le compresse en un flux de données gérable et l'expédie sur un réseau vers une plateforme. La compression a lieu dans un encodeur, qui applique un codec. Le H.264 est la référence universelle qui se lit partout ; le HEVC, ou H.265, atteint la même qualité pour environ la moitié du débit, mais sollicite davantage le processeur. Quel que soit celui que l'on utilise, le chiffre qui compte le plus est le débit, et l'astuce consiste à en choisir un que la liaison montante peut réellement soutenir. S'il est réglé trop haut, la mémoire tampon s'assèche et le flux se fige ; réglé trop bas, l'image se désagrège en blocs. Une cible sûre se situe bien en deçà de la capacité de téléversement mesurée, laissant une réserve dynamique (headroom) pour les mauvais moments du réseau plutôt que de miser sur ses meilleurs.

Acheminer le flux de l'encodeur jusqu'à la plateforme est le rôle d'un protocole. Le RTMP est la norme d'ingestion établie de longue date, tandis que des options plus récentes comme le SRT et le RTMP-over-TLS ajoutent de la résilience et de la sécurité sur des connexions auxquelles on ne peut pas totalement se fier. Des réglages comme l'intervalle entre images clés et la latence de l'encodeur permettent d'arbitrer entre la rapidité de récupération du flux après un incident et le délai qu'il ajoute.

La leçon durement acquise du streaming en direct est que la stabilité l'emporte à chaque fois sur la qualité maximale. Les spectateurs regarderont volontiers une image légèrement moins nette, mais ils partent dès que ça commence à mettre en mémoire tampon. On plafonne donc le débit de manière prudente, on utilise une liaison montante filaire partout où c'est possible, et on garde une connexion agrégée ou de secours prête pour tout ce qui compte vraiment.

La règle

Un flux stable vaut mieux qu'un flux parfait qui décroche.