Systèmes vidéo et projection

Bases de la projection

Un vidéoprojecteur se résume à trois caractéristiques : sa luminosité, son rapport de projection qui relie la distance à la taille de l'image, et ce que permet son optique. La luminosité, exprimée en lumens ANSI, est celle qui décide en silence de la réussite ou de l'échec, car le projecteur est toujours en concurrence avec la lumière ambiante de la salle. Une image délavée et laiteuse relève presque toujours d'un manque de lumens pour les conditions, plutôt que d'un défaut de mise au point. Une salle de spectacle plongée dans le noir peut se contenter de quelques milliers de lumens, tandis qu'une salle de réception d'entreprise très éclairée peut en exiger des dizaines de milliers pour offrir le même contraste apparent.

Le rapport de projection est la relation entre la distance de projection et la largeur de l'image. Une optique de 2,0 exige 20 mètres de recul pour remplir un écran de 10 mètres de large, tandis qu'une optique courte focale de 0,8 fait tenir la même image dans seulement 8 mètres. Choisir une optique adaptée à la salle est ce qui rend possible un emplacement donné, et c'est précisément pourquoi les projecteurs professionnels acceptent des optiques interchangeables — afin d'accorder l'optique à la géométrie plutôt que de forcer le projecteur dans le mauvais endroit.

La correction de trapèze (keystone) est le raccourci tentant qu'il faut éviter. Lorsqu'un projecteur est incliné au lieu d'être visé bien de face, l'image devient un trapèze, et la correction de trapèze la ramène numériquement en rectangle. Mais cette compression sacrifie de la résolution et adoucit les bords, simulant une forme droite au prix de la qualité réelle de l'image. Aligner le projecteur physiquement — le placer perpendiculaire à l'écran et recourir au décalage d'optique (lens shift) plutôt qu'à l'inclinaison pour positionner l'image — donne toujours un meilleur résultat qu'une correction logicielle.

La règle

Corriger la projection par la physique, pas par le numérique.