HDMI, SDI et DisplayPort
01 — Définition
La vidéo numérique peut transiter par plusieurs supports de transport, qui arbitrent chacun différemment entre commodité et fiabilité. Le câble se choisit donc selon ce que le travail ne peut pas se permettre de perdre, et non seulement selon la prise disponible.

02 — Le guide
Le HDMI équipe la quasi-totalité du matériel grand public, des ordinateurs portables et des systèmes de présentation, et il est simple à utiliser au quotidien. Dans une installation en direct, c'est pourtant le moins robuste des trois. Chaque connexion commence par une négociation (handshake) au cours de laquelle les appareils échangent des informations EDID et souvent des clés de chiffrement HDCP. Le connecteur standard de type A ne se verrouille pas, si bien qu'un câble peut être débranché par accident. La spécification HDMI ne fixe aucune longueur maximale, mais les fabricants constatent que les liaisons en câble passif deviennent peu fiables au-delà d'environ 5 à 15 mètres selon la résolution. Le HDMI convient à un ordinateur portable posé sur un pupitre, mais représente un risque pour tout signal dont le spectacle dépend. Le SDI suit l'approche inverse. Conçu pour la diffusion (broadcast), il circule sur un câble coaxial 75 ohms à connecteurs BNC verrouillables et transporte la vidéo de façon fiable sur de longues distances, de l'ordre de 100 mètres en HD selon le câble. Ses débits sont normalisés et prévisibles : environ 1,485 Gbps pour le HD-SDI (SMPTE ST 292) et environ 2,97 Gbps pour le 3G-SDI (ST 424) en 1080p60, avec des variantes 6G (ST 2081) et 12G (ST 2082) pour la 4K. Parce qu'il se verrouille et supporte les longues distances, les chaînes de signal critiques reposent généralement sur lui. Le SDI ne transporte pas le HDCP : une source protégée par HDCP ne peut généralement pas sortir en SDI.
Le DisplayPort constitue la troisième option. Il offre une très grande bande passante, sert couramment à piloter des écrans informatiques haute résolution et figure parmi les entrées usuelles des processeurs de murs de LED, à côté du HDMI et du SDI. Comme le HDMI, il négocie l'EDID et le HDCP, et ses connecteurs portent souvent un verrou optionnel. Il appartient surtout au monde informatique plutôt qu'à la distribution de signal en direct. Le support de transport s'adapte donc aux conséquences d'une panne : le SDI là où une coupure serait inacceptable, le HDMI là où la commodité prime et où une solution de secours est prête.
03 — La règle
Les chaînes de signal critiques passent en SDI, le HDMI étant réservé aux sources non critiques.
04 — Termes du glossaire
06 — Sources
- SMPTE ST 292-1 — HD-SDI 1,485 Gb/s sur coaxial 75 Ω — en.wikipedia.org
- SMPTE ST 424:2012 — 3G-SDI 2,970 Gb/s (1080p50/60) — reference.globalspec.com
- SMPTE OV 2082-0 / ST 2081 / ST 2082 — 6G (5,94 Gb/s) et 12G-SDI (11,88 Gb/s) — pub.smpte.org
- HDMI Licensing Administrator — pas de longueur maximale fixée ; au-delà de quelques mètres en 48 Gb/s, câbles actifs — hdmi.org
- Digital Content Protection LLC — HDCP, négocié lors du handshake HDMI et DisplayPort — digital-cp.com
- Amphenol — connecteur HDMI Type E verrouillable (le Type A ne se verrouille pas) — amphenol-cs.com