Systèmes vidéo et projection

Projection mapping et edge blending

Plusieurs projecteurs peuvent être combinés en une seule grande image, et deux techniques le permettent. La première est le fondu de bords (edge blending). On fait se recouvrir les images adjacentes sur une zone définie — souvent 10 à 25 pour cent de la largeur de l'image — puis on atténue la luminosité de chaque projecteur sur ce recouvrement afin que la jointure disparaisse dans un raccord homogène. La subtilité, c'est que le fondu doit être corrigé en gamma : deux projecteurs à 50 pour cent chacun dans le recouvrement ne s'additionnent pas simplement pour donner la même luminosité perçue qu'un seul à 100 pour cent ; ainsi, si la courbe est erronée, la jointure réapparaît sous la forme d'une bande visiblement plus claire ou plus sombre, précisément là où on cherchait à la masquer.

La seconde technique est le projection mapping, qui déforme l'image pour l'ajuster à une surface qui n'est pas un écran plat — un élément de décor, un mur courbe, la façade d'un bâtiment — de sorte que le contenu tombe exactement là où il le doit. Point crucial : la déformation est la dernière étape, appliquée par-dessus des projecteurs déjà bien positionnés.

Sous ces deux techniques repose le même principe : l'alignement est d'abord physique, ensuite logiciel. Aucune déformation ni aucun fondu ne rattrape des projecteurs seulement grossièrement pointés. On les empile et on les fait se recouvrir mécaniquement, on accorde leur luminosité et leur colorimétrie (les lampes vieillissent et le gain dérive, si bien que deux projecteurs s'accordent rarement d'origine), et c'est seulement ensuite qu'on procède au fondu et à la déformation. Une paire bien accordée se lit comme un seul écran continu ; une paire mal accordée ressemble toujours à deux projecteurs qui prétendent n'en faire qu'un.

La règle

L'alignement d'abord, le logiciel ensuite.